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milliards de dollars confisqués par les États-Unis : un vol lié à des mineurs de bitcoin en Iran et en Chine ?

Par Julien Lavaud , le 16 octobre 2025 - 5 minutes de lecture
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15 milliards de dollars de Bitcoin viennent de changer de main, et pas n’importe lesquelles : celles du département de la Justice des États-Unis. L’affaire mêle un réseau de scams au Cambodge, un mineur sino-iranien disparu et un soupçon d’ingénierie cryptographique bancale. Le puzzle est digne d’une série Netflix, mais ses impacts sur l’écosystème se mesurent déjà en milliards.

Saisie record : comment Washington a mis la main sur 127 271 BTC

Le 14 octobre 2025, le DOJ annonce la confiscation de 127 271 BTC valorisés à 15 milliards $. Le trésor appartenait, selon l’acte d’inculpation, à Chen Zhi, patron du conglomérat Prince Group, accusé de fraude et blanchiment via des complexes de travail forcé au Cambodge. En déplaçant les fonds vers des adresses désormais contrôlées par la justice américaine, l’administration signe la plus grosse prise de toute l’histoire des cryptomonnaies.

Une provenance trouble : le casse numérique de LuBian

Ces coins correspondent aux 127 426 BTC subtilisés en décembre 2020 au pool de minage LuBian, présent en Chine et en Iran. À l’époque, LuBian générait près de 6 % du hashrate mondial grâce à des machines NVIDIA optimisées et des ASIC Bitmain. Des chercheurs d’Arkham révèlent en 2025 que l’algorithme de génération de clés du pool contenait une faille exploitée par un attaquant, capable de brute-forcer des milliers de wallets en quelques heures.

Juste après le vol, les responsables de LuBian avaient envoyé plus de 40 000 $ en micro-transactions implorant le pirate de restituer les fonds. Silence radio jusqu’en juin 2024, quand les coins ont bougé vers de nouvelles adresses, signe que les autorités supervisaient déjà l’opération.

Blanchiment à grande échelle via le minage et les exchanges

Prince Group maquillait ses revenus illicites en injectant ses bénéfices dans des fermes de minage, puis en revendant des Bitcoin « propres » sur Binance, Huobi et Coinbase. La traçabilité reste pourtant implacable : les enquêteurs ont remonté les transactions grâce aux outils de Blockchain.com et d’Elliptic, confirmant l’origine des fonds. Le DOJ a gelé 25 adresses pivot identifiées comme carrefours du blanchiment.

L’angle géopolitique : Iran, Chine et sanctions américaines

La présence de LuBian en Iran complique le dossier. Les fermes locales profitaient d’un coût énergétique subventionné, tandis que la Chine de l’ère post-répression minière offrait des relais logistiques. Pour Washington, relier ces deux territoires sous sanctions à des arnaques cybernétiques suffit à justifier la saisie sans appel.

Certains analystes rappellent le précédent de Tesla, quand l’entreprise avait brièvement accepté le Bitcoin en 2021 avant de dénoncer son empreinte carbone. Ici, l’argument n’est plus écologique mais sécuritaire : empêcher des régimes sanctionnés de convertir des cryptos en dollars.

Choc sur le marché et réactions des géants de la crypto

La nouvelle a fait trébucher le cours avant de le stabiliser, les traders surveillant l’éventuelle mise en vente des 127 271 BTC. Tether, souvent scruté pour ses réserves, a assuré pouvoir absorber les effets d’un déblocage massif grâce à sa liquidité en bons du Trésor. De son côté, MicroStrategy a réaffirmé son intention de conserver son stock malgré la volatilité.

Ce que la saisie change pour la sécurité on-chain

L’affaire rappelle qu’une mauvaise génération de clés peut coûter plusieurs milliards, même à un pool dominant. Les développeurs de wallets open-source plaident pour des audits réguliers, tandis que les fournisseurs cloud s’inspirent du modèle zéro trust popularisé dans l’IT traditionnelle.

Par ricochet, le débat sur l’anonymat ressurgit : si les autorités peuvent remonter des flux aussi anciens, l’obfuscation par mélangeurs devient moins efficace. La blockchain publique confirme ainsi son double visage : transparente pour qui sait lire, impitoyable pour qui tente de la manipuler.

Vers une ère de confiscations XXL ?

Avec cette opération, le gouvernement américain détient désormais plus de 200 000 BTC, rejoignant les réserves de certains États comme le Salvador en termes de poids financier. Des rumeurs courent déjà sur une future vente aux enchères inspirée de celles qui avaient suivi l’affaire Silk Road, où des lots avaient été adjugés à un prix moyen inférieur de 20 % au marché. Les sociétés de courtage spécialisées, souvent équipées de GPU NVIDIA pour leurs tâches d’analyse, se préparent à découper le butin en blocs attrayants pour les institutionnels.

Pour l’heure, la question centrale reste : le vol de LuBian était-il orchestré par un hacker opportuniste ou par un initié souhaitant négocier avec les autorités ? Faute de réponse claire, la prudence domine chez les investisseurs et développeurs, conscients qu’un simple défaut cryptographique peut transformer un géant du minage en maillon faible de toute une industrie.

Source: www.elliptic.co

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Julien est un passionné des Cryptomonnaies. Il commence par découvrir le DOGECOIN en 2014 puis dévient un fin connaisseur de BITCOIN et des autres cryptomonnaies. Il aime partager ses tutoriels pour simplifier l’accès à la crypto et au WEB 3.0

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