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L’influence de la dépréciation monétaire : qu’est-ce qui propulse l’or, le bitcoin et les actions vers des sommets historiques ?

Par Julien Lavaud , le 10 octobre 2025 - 5 minutes de lecture
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Record historique pour l’or à 4 000 $ l’once, bitcoin franchissant 125 000 $, S&P 500 au plus haut : le marché digère mal la chute de valeur des grandes devises.

Le phénomène porte un surnom évocateur : le « debasement trade ». Les investisseurs convertissent leurs dollars affaiblis en actifs qu’aucune banque centrale ne peut imprimer.

Cette ruée traduit surtout la crainte que les dettes publiques dérapent encore, au détriment du pouvoir d’achat mondial.

Dépréciation monétaire : le moteur caché des records sur l’or, le bitcoin et les actions

Depuis janvier, le billet vert a abandonné 9 % face aux grandes devises, tandis que le rendement réel des bons du Trésor reste négatif. La corrélation est frappante : chaque glissade du dollar déclenche un nouveau sommet sur le métal jaune ou sur le bitcoin. La Banque de France rappelle que la monnaie n’est plus qu’un « instrument de confiance » lorsque la création monétaire dépasse la croissance réelle.

L’analogie historique fait mouche : sous Henri VIII, la baisse du titrage des pièces provoqua déjà la fuite vers des métaux plus purs. En 2025, même réflexe, mais l’or se négocie sur smartphone et non plus à La Monnaie de Paris. Les gérants d’Amundi et de BNP Paribas parlent d’un « parapluie inflationniste » ; leurs fonds matières premières captent des flux record.

La peur de l’endettement public et de l’ingérence politique

L’encours de la dette fédérale américaine flirte avec 37 000 Mds $. Les marchés redoutent que le Congrès force la Fed à privilégier le financement de l’État plutôt que la stabilité des prix. Au même moment, le Japon annonce un nouveau plan de relance et l’Europe débat d’un pacte budgétaire assoupli : cocktail parfait pour nourrir le sentiment de dépréciation.

Ken Griffin observe une « dé-dollarisation tactique » dans les portefeuilles, équivalent moderne de la fuite vers la qualité. Cette inquiétude rejoint la montée des volumes sur LSA Courtage Or et la hausse des dépôts en cryptomonnaies chez Bitpanda et Coinhouse, qui déclarent des inscriptions en hausse de 30 % sur un an.

Les institutions et néo-courtiers qui surfent sur la vague

Les banques universelles s’adaptent. Crédit Agricole a étoffé ses certificats 100 % or, tandis que Crédit Suisse propose un panier « or-bitcoin-actions minières ». Chez Boursorama, les recherches liées au mot-clé « inflation » progressent de 70 % dans l’onglet Bourse. Même la conservatrice Banque de France admet que bitcoin pourrait cohabiter avec le métal jaune sur certains bilans d’ici 2030.

Côté conservation physique, La Monnaie de Paris écoule ses lingots de 250 g en quelques heures lors des ventes en ligne. Les ETF d’Amundi engrangent des milliards, car ils promettent une traçabilité stockée dans des coffres suisses. La liquidité de ces produits rassure ceux qui craignent une correction brutale des indices actions.

Stratégies des particuliers face à la perte de valeur des devises

L’investisseur débutant alterne désormais versements programmés en actions IA et achat ponctuel de métal. Les courtiers notent un schéma récurrent : vente de fonds euro faiblement servis, rachat immédiat d’un fractionnement de lingot via une application mobile. Le biais générationnel est clair : les moins de 35 ans préfèrent le bitcoin, les plus de 50 ans privilégient l’or physique, mais tous admettent vouloir se protéger du même risque.

La plateforme Boursorama Banque illustre cette convergence : son tableau de bord mêle agrégation crypto, suivi OPCVM et convertisseur FX en temps réel. Les néo-courtiers mettent aussi en avant le plan « fraction de barres », inspiré par les fintechs anglaises, pour démocratiser l’accès au métal sans coffre privé.

Jusqu’où les valorisations peuvent-elles monter ?

Goldman Sachs table sur 4 900 $ l’once fin 2026, scénario fondé sur un indice des prix toujours hors cible. Pour bitcoin, Deutsche Bank envisage une présence sur les bilans de banques centrales, ce qui ferait office de reconnaissance officielle et libérerait un nouveau réservoir de demande. Les actions, portées par l’euphorie IA, pourraient connaître une phase de « blow-off » comparable à la bulle dotcom, avertit Paul Tudor Jones.

Le risque évident reste la normalisation brutale des taux si l’inflation reflue. Une détente surprise anéantirait la logique du debasement trade et renverrait l’or comme le bitcoin à leurs fondamentaux d’offre et de coût de production. Les analystes de BNP Paribas conseillent donc une pondération dynamique, ajustée mensuellement à la volatilité implicite.

Signaux de retournement à surveiller

Un regain de crédibilité budgétaire—par exemple un accord bipartisan aux États-Unis pour réduire le déficit—serait le premier frein aux achats de protection. L’autre indicateur clé est la prime d’inflation à cinq ans : si elle retombe sous 2 %, l’appétit pour les actifs refuges s’érode rapidement. Enfin, la stabilisation durable du yen et de l’euro face au dollar éroderait l’argument du repli contre la devise américaine.

D’ici là, la diversification reste la norme. Les portefeuilles construits autour d’un trio actions-or-crypto profitent d’une corrélation faible entre ces classes, avantage précieux lorsque les banques centrales tâtonnent. La question n’est plus de savoir si la dépréciation monétaire influence les marchés, mais combien de temps le phénomène restera le thème dominant.

Source: www.theguardian.com

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Julien est un passionné des Cryptomonnaies. Il commence par découvrir le DOGECOIN en 2014 puis dévient un fin connaisseur de BITCOIN et des autres cryptomonnaies. Il aime partager ses tutoriels pour simplifier l’accès à la crypto et au WEB 3.0

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