Les banques centrales pourraient intégrer le Bitcoin dans leurs réserves, malgré son absence de soutien tangible, selon les prévisions de Deutsche Bank
Le prix du Bitcoin vient de dépasser 125 000 $, un record historique qui s’accompagne d’une volatilité au plus bas depuis dix ans. Cette combinaison attire désormais l’attention des banques centrales, toujours à la recherche d’actifs décorrélés. Selon une étude de Deutsche Bank, certaines d’entre elles pourraient l’ajouter à leurs réserves avant 2030.
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Pourquoi les banques centrales regardent le Bitcoin comme l’or numérique
L’institut de recherche de Deutsche Bank rappelle que l’or a longtemps servi de socle aux réserves de change. Or sa corrélation quasi nulle avec les actions est aujourd’hui imitée par le Bitcoin, dont la courbe de prix devient étonnamment lisse à mesure qu’il gagne en capitalisation. En clair, plus sa valeur grimpe, plus il se comporte comme un métal précieux.
Cette mutation répond à un besoin pressant : sécuriser des bilans fragilisés par l’inflation et la géopolitique. La Réserve fédérale américaine reste dominante, mais ses rivales cherchent des compléments pour limiter leur exposition au dollar. D’où l’intérêt grandissant pour un actif au stock limité et programmable.
Volatilité en baisse, liquidité en hausse : deux signaux clés
Le Bitcoin de 2025 n’a plus rien à voir avec celui de 2017 : spread moyen resserré, carnets d’ordres profonds, et produits dérivés régulés à Chicago, Singapour et Londres. Les analystes Marion Laboure et Camilla Siazon soulignent que sa volatilité annualisée est tombée sous les 35 %, un niveau comparable à l’or dans les années 1980. Cette dynamique rassure les trésoriers qui craignaient un actif ingérable.
Côté liquidité, plusieurs centaines d’entreprises tiennent déjà un « Bitcoin treasury » sur leur bilan, de MicroStrategy au japonais Metaplanet. Ces poches privées montrent qu’un acteur institutionnel peut absorber sans heurt plusieurs milliards de dollars de BTC. Les banques centrales, habituées à fractionner leurs achats, disposent donc d’un précédent solide.
Banque centrale européenne, Fed et consorts : quelles motivations concrètes ?
La Banque centrale européenne veut réduire de 10 % sa dépendance au dollar d’ici 2028, selon une note interne citée par Bloomberg. Ajouter 1 % de Bitcoin à son portefeuille offrirait une couverture face à la fragmentation politique au sein de l’Union. Même logique pour la Banque de France, qui pilote déjà des tests de monnaie numérique de gros : détenir du BTC servirait de laboratoire grandeur nature pour la garde d’actifs cryptographiques.
De l’autre côté de l’Atlantique, la Réserve fédérale surveille surtout l’effet réseau. Plus des pays comme le Brésil ou l’Inde accumulent du Bitcoin, plus Washington risque de perdre un levier financier. En réponse, la Fed pourrait préférer acheter plutôt que laisser l’initiative. Le même dilemme anime la Banque d’Angleterre et la Banque nationale suisse, toutes deux exposées au rôle international de leurs devises.
Cadre réglementaire : un obstacle qui rétrécit
Le principal frein reste la doctrine comptable du FMI : un actif sans flux de trésorerie stable n’est pas classé « réserve officielle ». Néanmoins, l’assouplissement est en cours : le Comité de Bâle discute d’un compartiment « crypto-actifs de type or » avec un pondération de risque de 100 %. Si cette catégorie voit le jour, le Bitcoin deviendra éligible presque automatiquement.
Sur le plan technique, les chambres de compensation CLX et LCH testent déjà la livraison DvP sur réseau Lightning, permettant de régler un bloc de BTC contre une devise fiat en moins de deux secondes. Ce mécanisme réduit le risque de règlement que redoutent les banques centrales. Résultat : le passage de la théorie à la pratique pourrait être plus court qu’anticipé.
Conséquences pour les marchés : diversification et nouveaux arbitrages
Si même 5 % des réserves mondiales basculaient vers le Bitcoin, la capitalisation du réseau franchirait les 8 000 milliards de dollars, projette Deutsche Bank. Cette affluence raréfierait davantage l’offre, accentuant l’effet d’entraînement observé lors des halving. Les détenteurs privés y verraient une validation institutionnelle comparable à l’arrivée des ETF sur or en 2004.
En parallèle, le marché de l’or resterait loin d’être cannibalisé. Laboure et Siazon parlent plutôt de « complément réfléchissant » : l’or pour la stabilité, le BTC pour la croissance potentielle. Les desks de change pourraient donc jongler entre les deux, créant un nouveau couple de trading XAU/BTC où chaque actif sert de référence à l’autre.
Horizon 2030 : vers un bilan hybride or-Bitcoin
L’histoire monétaire montre que l’or a réellement percé dans les coffres publics après la panique de 1971, lorsque le dollar a rompu tout lien formel avec le métal. Le Bitcoin pourrait emprunter un chemin similaire, porté cette fois par la demande de résilience numérique plutôt que par un choc de change. La fenêtre d’adoption serait donc plus progressive mais aussi plus pérenne.
Les experts de Deutsche Bank estiment qu’une dizaine de banques centrales pilotes suffiront à enclencher l’effet domino. Dès que l’une d’entre elles annoncera un rachat même symbolique, les autres voudront éviter d’arriver dernières. À cet instant, le concept d’or numérique cessera d’être une métaphore pour devenir un poste comptable bien réel.
Source: fortune.com
Julien est un passionné des Cryptomonnaies. Il commence par découvrir le DOGECOIN en 2014 puis dévient un fin connaisseur de BITCOIN et des autres cryptomonnaies. Il aime partager ses tutoriels pour simplifier l’accès à la crypto et au WEB 3.0

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